Fiche technique sur la conduite d’un élevage naisseur de porcs

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Choix de l’animal

  • Dans notre pays on distingue trois principales races de porcs :
    – La race locale qui, malgré une bonne fécondité et une rusticité exceptionnelle, offre un format très peu performant. Elle ne saurait donc « nourrir son homme »
    – La « Largewhite », très performante en taille mais très exigeante également, elle ne peut en aucun cas survivre dans les conditions d’un élevage traditionnel extensif.
    – Le métis, issus du croissement des deux races sus-citées, est plus performant que la locale, plus résistant que l’exotique, et constitue ainsi l’idéal. C’est le cas de la race « korogo » de côte d’Ivoire, et le métis de chez nous.
  • Le verrat (mâle) :
    Le verrat doit avoir :
    – Un corps long ;
    – Des membres courts et solides ;
    – Des testicules et une verge bien développés ;
    – Etre d’une vivacité naturelle ;
    Du reste, il sera jugé sur la base de ses premiers descendants qui doivent être énergiques et performants.

    La truie (femelle) :-
    Elle aussi doit avoir :
    – Un corps long et bien musclé ;
    – Une vulve normale ;
    – Un minimum de douze tétines ;
    – Un tempérament calme.
    De même que le verrat, elle aussi sera jugée à partir des premières et deuxièmes mise-bas, sur le nombre de porcelets nés sevrés et leur poids moyen au sevrage.

  • Le métis dont nous avons parlé plus haut est aussi appelé race améliorée. Cela parce que tout en atteignant un poids moyen plus élevé que celui de la race locale, donc se rapprochant de celui de l’exotique, cette race acquiert également une rusticité meilleure à celle exotique.

    Au-delà donc des critères de choix des géniteurs sus-cités, l’on peut rechercher des caractères meilleurs en croisant des races différentes. Le transfert des caractères désirés des parents sur leur descendant est appelée amélioration génétique.
    Néanmoins, lorsqu’on entreprend un programme d’amélioration génétique, on doit garder à l’esprit deux choses essentielles :
    – L’interaction génotype-environnement : en effet, un génotype ne peut réellement extérioriser toutes ses potentialités que lorsque toutes ses conditions environnementales sont réunies. Ainsi, des porcs sélectionnés pour leur rendement supérieur donné ne conviendront pas nécessairement dans un contexte tout différent. Par exemple, un porc de race locale deviendrait plus performant que celui exotique, si ce dernier passait d’une alimentation intensive à celle extensive.
    – Les objectifs de sélection : ceux-ci doivent être bien définis et ne doivent plus être sujets à beaucoup de modifications, surtout sous notre climat tropical sujet à beaucoup de facteurs (adaptation, couleur, aliment en faible quantité et qualité, etc.). Il faut limiter également le nombre de caractères recherchés.
    Par ailleurs, il faut éviter aussi de croiser des parents avec leurs descendants pour ne pas être confronté au phénomène de la consanguinité.

  • Nous disions tantôt que la présente fiche faisait partie d’une série. A ce titre, des fiches spécifiques au logement, à l’alimentation et à la santé des porcs ont été également élaborées. A cet égard, nous nous contenterons de rappeler ici que les normes d’alimentation et de construction des abris doivent être rigoureusement respectées, pour non seulement prévenir déjà les problèmes de santé, mais aussi permettre à l’animal d’exprimer ses performances.
    Du reste, un bon logement doit pouvoir lutter efficacement contre l’ensoleillement directe, le vent, la pluie, avoir un environnement sec et hygiénique ; il doit être spacieux, haut, aéré, bien cloisonné de sorte que chaque catégorie d’animaux ait sa place. L’aliment, propre, doit répondre aux besoins également des différentes catégories d’animaux ; un calendrier vaccinal et de déparasitage doit constituer aussi un préalable.

Conduite du troupeau reproducteur ou naisseur

  • Comme dans tout élevage, les règles suivantes devront être observées :
    – Des relations producteur-animaux dans lesquelles ce dernier doit créer une atmosphère calme et paisible, être très attentif pour pouvoir détecter très vite toute anomalie ;
    – Manipuler avec calme les animaux ; par exemple, soulever d’un coup par les pattes arrières un porcelet entrain de téter, contentionner un adulte par un nœud coulant autour du groin, etc.
    – Veiller à l’hygiène et donner ainsi le moral au personnel pour travailler à l’aise ;
    – Appliquer la technique du « tout plein, tout vide »
  • On dit généralement que le verrat est la moitié du troupeau. C’est dire toute l’attention qu’il mérite. A ce titre donc, les observations suivantes sont à prendre en compte :
    Le jeune verrat :
    Il doit observer à son arrivée une période d’adaptation pendant laquelle il doit :
    – Etre déparasité comme tout nouveaux sujet ;
    – L’isoler mais à côté des truies et cochettes pendant un mois ;
    – Faire beaucoup d’exercice quotidien pour l’habituer au gardien et aux odeurs et cadre de la porcherie ;
    – Lui servir une nourriture suffisante tout en évitant de le rendre gras et indolent. Rappelons que son âge optimal pour la saillie est de 7,5 à 8 mois. A ce début, il faut lui présenter une petite truie bien en chaleur et immobile, pour éviter de le frustrer.
    – Eviter de le surmener en limitant les saillies à 02/semaine.
    Le verrat adulte :
    Il doit bénéficier d’une bonne conduite qui va lui conférer une corpulence et une vigueur idéale pour la saillie. Pour ce faire, il doit :
    – Recevoir une ration équilibrée pour ne pas être ni trop gras ni trop maigre ;
    – Etre pas trop éloigné des femelles pour être stimulé par le fait de les voir et de les entendre ;
    – Etre épargné des grandes températures, surtout au moment de la saillie ;
    – Prévoir un lieu hors de sa loge pour la saillie ;
    – Saillir 10 à 20 femelles, ou 02 saillies/semaines ;
    – Lui éviter le surmenage qui diminue la qualité et l’abondance du sperme, et partant, la taille des portées ;
    – Lui éviter un repos de plus de 14 j, ce qui diminuerait également la taille des portées.
  • Le cycle de la reproduction peut s’enchaîner comme suit : mise-bas, allaitement, sevrage, accouplement, et la gestation dont le support peut être une cochette.

    La jeune truie ou cochette :
    – elle doit être à 05 mois des loges d’engraissement pour être nourries convenablement, en évitant qu’elle ne soit ni trop grasse, ni trop maigre ;
    – on doit l’intégrer progressivement ;
    – procéder à l’accouplement après au minimum les 2èmes chaleurs ;
    – donner la nourriture ad libitum pendant les 14 à 20 j précédent l’accouplement ;
    – lui éviter un verrat trop lourd au départ ;
    – donner des petites rations pendant la gestation pour éviter des problèmes de parturition, donner ad libitum pendant l’allaitement pour que la truie ne soit trop maigre au sevrage.

    La mise-bas ou parturition :
    – vermifuger la truie 02 à 03 semaines avant la parturition ;
    – la transférer à la maternité 01 semaine avant la mise-bas ;
    – la laver avec de l’eau savonneuse et la traiter avec un insecticide externe ;
    – éviter la constipation qui peut interférer avec la parturition ;
    – se rappeler que les deux principaux signes de l’imminence de la parturition sont l’agitation de la truie qui entreprend aussi de faire son nid, et le lait qu’on peut tirer de la mamelle 12 h auparavant.
    – prévoir 02 principaux problèmes de parturition : un travail douloureux dû à des gros porcelets surtout la cochette, et qui peut la conduire au cannibalisme parce que irritée ; il y a également que la mise-bas peut devenir trop longue du fait d’un porcelet coincé. Il faut alors l’extraire soit manuellement, soit par des médicaments.
    – réduire les mortinatalités en écartant les truies trop âgées (5-6 portées), en donnant un aliment convenable pour le travail, en évitant des températures trop élevées épuisant rapidement la truie ;
    – aider les porcelets qui n’y parviennent pas à boire le colostrum dans les 45 mn qui suivent leur naissance sinon ils meurent par manque d’énergie ;
    – éviter l’exposition de ceux-ci au froid et au courant d’air ;
    – désinfecter le cordon ombilical par une solution iodée dans les 12 h qui suivent la mise-bas ;
    – procéder à la résection des canines dans les 24 h qui suivent la parturition ;
    – donner du fer au porcelets dans les 72 h qui suivent la mise-bas, et faire à ce moment aussi tout marquage éventuel.
    La truie allaitante :
    Elle doit être entourée du plus grand confort possible. Pour ce faire, elle doit :
    – Etre traitée contre toute maladie ;
    – Etre approvisionnée considérablement en eau, sinon risque d’agalaxie à cause des liquides perdues pendant la parturition ;
    – L’alimenter convenablement ;
    – La garder si possible dans une température neutre ;
    – Ne pas sevrer les porcelets avant 05 semaines à cause de la mauvaise qualité de notre aliment pour porcelets ;
    – Prévoir un coin pour porcelets pour complémenter leur ration.
    – Ne soumettre de nouveau une truie à la saillie qu’après un minimum d’un mois de repos sexuel.

  • Le sevrage provoque beaucoup de stress pouvant aller jusqu’à la mort des porcelets. Il convient donc de le conduire avec la plus grande délicatesse possible. Ainsi, il faut :
    – Procéder aux interventions indispensables au moins 02 semaines avant le sevrage ;
    – Augmenter la complémentation des porcelets au moins 02 semaines avant le sevrage ;
    – Donner ensuite ad libitum l’aliment pour la croissance mais diminuer dès les 1 ers signes de diarrhée ;
    – Ne pas utiliser abusivement les antibiotiques au risque de créer des résistances ;
    – Procéder à la mise en lots par regroupement selon le poids et surveiller les bagarres des 1ères heures ;
    – Eviter le surpeuplement qui empêche la dispersion des animaux ;
    – Différer d’une semaine le sevrage des animaux moins gras ;
    – Mettre de manière permanente de l’eau fraîche à la disposition des animaux
    – A 8-9 semaines, envoyer les animaux que l’on est à mesure d’emboucher à l’engrais et l’excédent à la vente, après avoir éventuellement retenu les futurs géniteurs.
  • Il faut savoir détecter les chaleurs et procéder à l’accouplement au moment opportun. Un certain nombre de signes permettent de le savoir :
    – Le rougissement et le gonflement de la vulve ;
    – La truie passe moins de temps couchée, elle est plus alerte, se laisse chevaucher par le mâle ou même des femelles, elle a le réflexe d’immobilisation quand on fait une pression sur son dos.
    Dans ce cas alors, si on ne dispose pas d’un enclos de saillie, on peut utiliser l’ombre d’un arbre. 02 saillies de 12 heures d’intervalle sont recommandées.
  • – on doit veiller à réduire la ration le jour qui suit la saillie de peur de perdre des embryons. Il faut également éviter les grandes températures ou tout autre stress ;
    – surveiller d’éventuels retours en chaleurs et procéder à des nouvelles saillies ;
    – on amènera ensuite la ration au-dessus de la normale car elle-même aura un grand appétit pour nourrir les foetus.
  • Les truies :
    Les boitiers et autres infirmités, les problèmes de mise-bas, les qualités maternelles et fertilité insuffisante sont souvent les causes de la réforme. Mais l’inévitable, c’est la baisse des performances à partir d’un certain âge généralement après 4 à 6 mise-bas, et exceptionnellement jusqu’à 10 ans. Dans tous les cas, il sera essentiel de disposer de cochettes pour remplacer les truies à ce moment précis.
    Les verrats :
    C’est également les boîtiers et autres infirmités, Les problèmes de saillie, de consanguinité, la baisse des performances à 4-5 ans, qui constituent là aussi les causes de la réforme.

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