Zaï manuel

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  • Le Zaï, qui signifie « se préparer à l’avance » en langue nationale Mooré, consiste à créer une poche d’eau par l’intermédiaire d’un trou creusé dans le but de collecter l’eau de ruissellement afin de favoriser son infiltration sur des terres généralement dégradées, encroûtées et impropres à l’agriculture.
    La pratique du Zaï se fait en creusant manuellement à l’aide de daba (houe à manche courte) tous les 70 à 100 cm, des cuvettes de 20 à 40 cm de diamètre et de 15 à 20 cm de profondeur en rejetant la terre en croissant vers l’aval, en vue de capter les eaux de ruissellement. Ces micro-bassins piègent également des sables, des limons et des matières organiques emportés par les vents.
    Dès les premières pluies, le paysan y dépose la matière organique (300 à 600 g) par poquet, soit une à deux poignées de fumier/compost par trou de semis que l’on recouvre par une fine couche de terre (5 cm). Les termites, attirées par la matière organique, creusent des galeries au fond des cuvettes qu’elles transforment en entonnoirs. Après les premières pluies, environ deux semaines après l’apport de matière organique, on y fait des semis de grains de céréales. Les eaux de ruissellement s’engouffrent et créent des poches d’humidité en profondeur à l’abri de l’évaporation rapide.
  • Réduire l’érosion hydrique et l’érosion éolienne
    Augmenter l’infiltration et le stock d’eau du sol
    Collecter les eaux et les mettre à la disposition des plantes
    Réduire l’évaporation des eaux
    Récupérer les terres encroûtées et les mettre en valeur
    Obtenir des récoltes normales en dessous de 300 mm de précipitations
  • Organisations de producteurs
    Ménages (hommes et femmes)
  • Améliore la structure du sol sur le plan agronomique
    Augmente l’infiltration et le stock d’eau du sol
    Collecte les eaux et les met à la disposition des plantes
    Réduit l’évaporation des eaux
    Réduit l’érosion du sol en dissipant l’énergie cinétique des gouttes de pluie
  • Creuser pendant la saison sèche (novembre à mai) au moment où les paysans disposent de temps libre
    Couvrir si possible de paillis les espaces entre les trous de Zaï pour augmenter la rétention en eau du sol et déclencher une activité biologique du sol notamment les termites
    Aménager si possible un cordon pierreux de protection en amont du champ pour réduire la vitesse des ruissellements
    Le Zaï peut se décliner en Zaï agricole ou en Zaï forestier en fonction des objectifs du producteur
  • Piégeage dans les cuvettes des matières organiques déplacées par les vents et l’eau, améliorant ainsi la fertilité des sols sans main-d’oeuvre supplémentaire ; très efficace pour la récupération des terres dégradées et encroûtées
    Infiltration et stockage d’eau en profondeur, ce qui diminue les pertes par évaporation
    Amélioration significative des rendements (multiplication des rendements par huit)
    Sarclage limité au poquet réduisant la main-d’oeuvre pour l’entretien des cultures
  • Exigence d’une main-d’oeuvre importante
    Pénibilité du travail
    Exigence d’importantes quantités de matière organique de bonne qualité
    Nécessité d’une maîtrise de la technique de compostage
    Risque d’asphyxie des jeunes plants en cas de fortes précipitations (mil et niébé particulièrement)
  • Financement des actions liées à la réhabilitation des terres dégradées
    Favoriser l’accès des producteurs à la technique du Zaï mécanisé

En téléchargement
Bonnes pratiques de conservation des eaux et des sols : Zaï manuel

 

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